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mercredi 24 septembre 2008

Les vacances d'EVA BAZZANA

J'ai longuement hésité entre demander à mon skipper de m'inscrire au Vendée Globe et choisir moi même ma route...

Bon, je n'ai pas eu le choix de l'équipage; le skipper est mon maître, je suis son esclave... Pas d'autre solution, il m'a acheté et arraché à mes racines baltiques pour me poser au pied du grand delta du Rhône. Il était acompagné par une belle dame, je ne peux lui en vouloir, c'est de son âge...

Comme je n'avais pas le loisir de choisir mon équipage, j'ai privilégié le réalisme: pas de Vendée Globe, juste quelques minutes vers l'EST dans la 1ère quinzaine d'Août.

Je ne suis parti de rien ou presque: juste un point GPS. J'ai donc laissé mon étrave se diriger vers le golf de Fos, ses usines, ses porte containers, ses minéraliers, ces petits péchoux du dimanche...

1/2 nautique plus tard, j'enfonce ma quille dans la vase du chenal! Je modifie mon langage à propos des péchous: il y en a un qui me sort de là...

Passé ce moment qui laissait augurer une navigation digne des 40èmes, même par temps calme, je quittais le golfe de Fos, voile à 2 ris, un caleçon à l'avant pour remonter ce SUD qui s'établissait.

Je vire le Cap Couronne et là, ma vue se dégage sur des îles lointaines dans la brûme atmosphérique ou la pollution, je ne sais.

Le FRIOUL: un bon dodo au mouillage, histoire de laisser à mes compagnons de route le temps d'apprendre à mouiller mon ancre. Tout s'est bien passé: ils ont compris qu'il fallait que je reste sur l'eau salée, que c'était dans ma nature, que la vase et les rochers étaient réservés aux crevettes et autres mouettes!

Le lendemain matin, le vent forcit; il vire à l'EST, histoire de faire découvrir à mes deux pieds nickelés ce que c'est que de remonter sur 20 nautiques ce vent et cette mer du vent... Au départ, ils s'acharnent à diriger mon étrave plein SUD, vers l'îlot du Planier, histoire d'avoir une allure, une gîte digne de ce nom, histoire peut être pour mon skipper adoré de donner un avant goût d'aventure au large à la belle dame, qu'elle pâme aux pieds du grand marin endurci au regard salé...

Deux heures et quelques secousses plus tard, comme si les dieux de la mer l'avaient entendu, je sens que je vire vers l'EST, que mon étrave méandre entre les iles MAIRE et autres cailloux qui précèdent les calanques de Cassis.

Un petit coup de VHF en douce à EOLE et me voici en pleine pétole! Mon moteur ronronne 8 nautiques au large des calanques. Je les ai bien eu!! Ils voulaient faire de la voile, user ma robe haubannée dans les éléments déchaînés! Moi, je me marre, j'ai même quelques hoquets en croisant la baie de Cassis...

Le soir, arrivée au port de la Ciotat: BMS ++, on est là pour 3 jours.

C'est chouette pour tout le monde, enfin presque: la belle dame a de la ville à courir, des expos, des petits coins de jardin.          Mon maître papotte avec les voisins de ponton et moi, je me pose, tranquillement le flanc contre un voilier rutilant tout neuf et un Evasion 37 sûr de sa suprématie...

Bon, la nuit, c'est un peu chaud, on est au pied d'une boite de nuit qui donne au vieux port un air de CAP D'AGDE...

La Belle Dame adore: elle dort le jour et tourne en rond la nuit. On lui avait dit que c'était pas toujours marrant les ronds dans l'eau: les ronds dans la cabine avant, c'est pas mal aussi!

Au matin du 3ème jour, départ pour quelques secondes dans l'EST. J'ai le nez pointé vers Bandol... Un oeil sur le Cap Sicié qui se profile à l'horizon à demi noyé dans les nuages qui remontent du SUD EST.           Un jour, il faudra que mon skipper demande poliment aux autorités italiennes de reboucher le Golfe de Gênes... Moins d'eau à courir pour mes souliers "antifoullés" mais le prix ne serait pas cher payé si cela pouvait m'éviter l'horreur de sentir l'odeur d'un "cadeau fait à la mer" échappé par erreur de l'estomac de mon maître sur mon blanc manteau antidérapant! Et puis vous imaginez ledit maître, son regard salé etc,etc... à genoux sur le pont, vert, le menton sur les genoux devant la Belle Dame? Nooooon, je ne supporterais pas de le voir humilié, je l'aime beaucoup vous savez...

Arrivée aux EMBIEZ: le point le plus EST de notre petite virée à trois. L'Ile est sympa. Le vent d'Est amène des nuages; j'autorise mon maître et la Belle Dame à marcher dans l'Ile...

7ème jour: ce matin, je ressens aux fonds des coffres, s'écouler un ruisseau de tristesse... C'est le jour du retour vers l'OUEST. J'avais envie de passer le Cap Sicié. La météo et les employeurs de mes passagers l'interdisent.

On quitte le quai, un coup de vent colle mon petit ventre rebondi contre mes voisin et voisines de palier. Bang! Le moteur cale. Regard inquiet sur mon hélice...

Route vers l'EST; 7 parfois 8 noeuds au speedo. Ouaouh, ça balance! Mes 2 marins amarinés s'amusent comme des fous. Moi, j'en profite, mon génois seul offert au vent portant, la houle et la mer du vent confondues viennent me caresser les reins...

Une vague un peu forte, un coup de gîte imprévu, la nonchalance de mon marin préféré et vlan! L'annexe fixée sur les bossoirs s'emplit de 400 litres d'eau! Mon marin largue l'annexe; trop tard: je ressens une vive douleur à l'arrière; les bossoirs n'ont pas plié. C'est ma résine qui se fracture... L'annexe est à la traîne, la route se poursuit..

On arrive en rade de Marseille; une journée de mer pour parcourir ce qu'il nous avait fallu 3 jours à l'aller! Mon marin est content. Moi, je suis inquiète... J'ai mon bout de nez qui me chatouille, il y a quelque chose de pas normal...

A l'entrée du port du Frioul, mon maître enroule mon génois: rien ne se passe... Sac de noeud dans le tambour d'enrouleur. Il faut affaler. Le pont commence à ressembler au radeau de la Méduse! Rond dans l'eau dans le bassin du port. 1/2h à attendre que la capitainerie nous désigne une place..

J'ai un peu mal partout...

Le lendemain, mon marin s'équipe pour visiter mes dessous. La Belle Dame n'est pas jalouse, avec moi elle est plutôt partageuse...           Je me laisse faire... Tout va bien, pas de casse, ouf!

Dernier jour, on quitte le Frioul pour rejoindre mon port d'attache. Un petit peu de voile, un petit peu de moteur... et déjà une pointe de nostalgie...

A quand la prochaine ballade?

mercredi 16 juillet 2008

pastel, une ptite galerie pour la route!

Quelques marines pour oublier la mer...

mardi 24 juin 2008

alerte Amirauté!

Petite alerte de l'Amie (rautée) qui me précisait, à la lecture de l'article sur mon petit chalet suédois, qu'il n'y avait pas de photo, que c'était trop technique, que les nombreux (6!) lecteurs néophites ne s'y retrouveraient jamais, que cela ne donnait pas envie de naviguer sur EVA BAZZANA, etc, etc...

Je capitule devant cette tempête de critique et m'installe à la cape (ça y est, ça recommence..), je dépose les armes et vous livre ici la version émotion de mon canoteEVA à quai

EVA BAZZANA est un "petit grand voilier"; ses lignes, son confort pour un 26 pieds sont étonnants. Sa tenue dans la brise ou dans une mer croisée est géniale. Idéal dans le mistral,sympa avec l'équipage et avec votre serviteur dans les petites erreurs de manoeuvre, je ne peux que lui reprocher d'être un peu pépère aux allures portantes.

Bon, il pendule pas mal quand il croise des fadas à 15 noeuds dans le canal de Caronte (prochain billet sur Martigues, son terrain d'aterrage), mais je ne peux lui en vouloir: il est ma maison, mon refuge, ma raison déraisonnable d'être, de vivre et de partager mon bonheur quand je suis sur l'eau...

Au port, il prend peu de place, attire la sympathie par ce côté rétro qui lui va si bien... La capote de descente, les bossoirs inox, ma delphinière maison ne viennent pas altérer cette image de chalet suédois.

Sous voile, il sait se mesurer à d'autres voiliers, mais ils aime me faire plaisir, je n'aime pas la course. Alors, il se vêt de ses plus beaux atouts et me permet, sous pilote, de trainouiller à l'avant, de papoter au portant sans me faire le coup de l'empannage à la chinoise!

Pour conclure, il me donne envie de partager sa vie, au quotidien... C'est la raison pour laquelle je milite en faveur de la retraite à 55 ans pour pouvoir naviguer plus loin, plus longtemps...

samedi 14 juin 2008

Mon petit chalet suédois...

Bon, à la demande de la plupart des mes copains héotiens, je rédige ce billet sur mon petit chalet suédois. Amateurs de poésie, de prose enlevée, frères doux rêveurs, passez votre chemin!

Seul le titre est imagé, ce qui suit relève plus d'une pub d'agence, que d'un récit!!

EVA BAZZANA est né en 1978 en Suède.

Dessiné par l'architecte suédois Olle ENDERLIN, ce NORD 80 de 26 pieds a été construit par NORDVERK MARINE à UDDEVALLA jusqu'en 1982. Coque et superstructures en polyester, cockpit en teck, barre franche et quille fine.

Il déplace 3500 kg, maître bau 2,80m, tirant d'eau 1,35m, ce petit croiseur, acheté à un suédois, avait quelques particularités lors de son acquisition: une baume en alu autour de laquelle s'enroule la GV notamment.

Petit détail, il n'était pas armé pour la croisière! Pas de baille à mouillage, pas ou peu d'électronique, une pompe de cale manuelle dont l'extraction se situe sous la ligne de flottaison (bravo l'archi!), un tangon mais pas de drisse de spi, enfin bref, Rolph Mansson, l'ancien propriétaire, devait se balader par beau temps uniquement, à la journée, ou, tout au plus, en attachant son canot aux sapins des chapelets d'iles que l'on trouve en Baltique!!

En revanche, EVA BAZZANA est équipé d'un VOLVO MD2020 super bien entretenu selon l'expert.. Je confirme. 5 nds à 2000 tours pour 1,2 de diesel à l'heure, c'est suffisant et sympa.

En 6 mois, j'ai équipé ce magnifique coup de cœur du minimum vital: pompe de cale automatique, bossoirs, pseudo delphinière (en attendant des jours meilleurs..), pseudo bas étais largable pour une pseudo trinquette, une ligne de mouillage principale à l'arrière, une seconde légère à l'avant pour les pique nique en plomb de sonde, un GPS, un sondeur, un anémomètre portable, un baromètre, bref, un bon paquet d'euros et d'heureux shiplanders...

Aujourd'hui, je peux vivre dans mon petit chalet, naviguer et dormir au mouillage. Que demander d'autre que du vent (pas trop!) et moins de jet ski et autres malades des CV sur leur vedettes à la c...

lundi 09 juin 2008

aux ports et aux mouillages...

          la voile, une passion... c'est le moyen le plus lent, le plus cher, le plus inconfortable pour partir d'un endroit où l'on est bien, et arriver à un endroit où l'on a rien à faire...

J'ai trouvé ma solution; enfin, pas pour le confort, le coût et la vitesse... J'ai appris à "n'avoir rien à faire": rêver sous les étoiles,écouter, sentir EVA BAZZANA sous moi, me laisser bercer par la houle ou par le balancement du mât...

Et puis j'ai découvert le pastel; une matière, légère, transportable, passionnante à coucher sur le papier. C'était en septembre 2007.

Bon, je ne suis pas très original, je (ou plutôt j'essaie..) de dessiner des marines... Ben voyons!

Je ne donne pas mes marines, je ne les vends pas non plus, je les échange contre une manille, des boites de sardines, des bouts, enfin tout ce qui sert sur mon petit chalet Suédois.

Ah, au fait, mon petit chalet, c'est le prochain billet: si beaucoup de pluie, il sera rédigé et publié dans une semaine...

jeudi 29 mai 2008

autobiographie...

          Bon, l'usage veut que l'on se présente en amont de toute publication thématique... Je m'y colle:

J'ai 53 ans, je fais donc partie de l'association des marins qui réclament et clâment le droit à la retraite à 54 ans pour pouvoir naviguer.. Cela fera l'objet, un peu plus tard d'un autre papier.

Je bosse dans l'insertion sociale de jeunes en difficulté, je n'ai par conséquent pas à me plaindre de ma situation professionnelle si je la compare aux bougrent qui bossent en usine, dans des restaurants et autres lieux joyeux d'esclavagisme (bien sûr, cela n'engage que moi).

J'ai commencé la voile sur le tard: j'avais...15 ans quand j'ai réussi à piquer la Yole de mon beau frère pour m'initier au près trop serré, aux empannages à la chinoise, au retour au bassin de mise à l'eau en tirant mon pôvre canotte emplit de centaines de litres d'eau après un déssalage sévère. Vous savez quoi? J'ai trouvé celà super!!!

Plus tard, ledit beau frère s'est servi de moi comme lest lors des régates auxquelles il participait sur un fireball... Depuis, c'est curieux, je n'aime plus les régates, allez savoir pourquoi...

S'en suit un parcours dont je tairai les détails puisqu'il s'étale sur 30 ans... Créer un blog, c'est partager, pas étaler...

Aujourd'hui, je vis seul sur EVA BAZZANA, petit chalet suédois de 8 mètres et quelques, installé au port de Ferrières à Martigues (panne H2). Il fera l'objet d'un billet, très bientôt...